Yeux qui piquent en fin de journée, sensation de grain de sable, vision qui se brouille devant l’écran… Ces symptômes, souvent banalisés, sont peut-être ceux d’une sécheresse oculaire. Longtemps considérée comme un simple inconfort passager, elle est aujourd’hui reconnue comme une véritable pathologie de la surface oculaire. Le récent congrès de l’American Optometric Association (juin 2026) en a d’ailleurs fait l’un de ses axes prioritaires.

Un phénomène en forte progression

Climatisation en été, chauffage en hiver, écrans consultés en moyenne sept heures par jour, lentilles de contact portées de plus en plus longtemps : nos yeux sont soumis à rude épreuve. Résultat, près d’un adulte sur trois se plaint aujourd’hui de sécheresse oculaire, avec une nette progression chez les moins de 40 ans. La ménopause, certains médicaments (antihistaminiques, antidépresseurs) et des maladies auto-immunes peuvent également être en cause.

Comprendre le film lacrymal

Le film lacrymal qui recouvre nos yeux est composé de trois couches : mucus, eau et lipides. Lorsque l’une d’elles fait défaut, le film s’évapore trop vite ou reste instable, et la surface de l’œil s’irrite. Deux formes principales existent : la sécheresse aqueuse (production insuffisante de larmes) et la sécheresse évaporative, souvent liée à un dysfonctionnement des glandes de Meibomius situées sur le bord des paupières.

Les signes qui doivent alerter

Que faire au quotidien ?

Quelques gestes simples soulagent déjà : cligner consciemment des yeux devant l’écran, appliquer la règle du 20-20-20 (toutes les 20 minutes, regarder à 6 mètres pendant 20 secondes), humidifier l’air ambiant et boire suffisamment. Les larmes artificielles sans conservateur constituent le traitement de première intention. Pour la forme évaporative, des compresses chaudes suivies d’un léger massage des paupières relancent le fonctionnement des glandes de Meibomius.

Quand consulter ?

Si la gêne persiste malgré ces mesures, un bilan chez votre opticien-optométriste s’impose. Nous disposons aujourd’hui d’outils précis — analyse du film lacrymal, mesure du temps de rupture — pour identifier la cause et vous orienter vers la solution la mieux adaptée : larmes spécifiques, lentilles hybrides ou consultation ophtalmologique complémentaire. N’attendez pas que la gêne devienne quotidienne : la sécheresse oculaire se soigne d’autant mieux qu’elle est prise en charge tôt.

Photo : Amanda Dalbjörn / Unsplash.